Sécurité alimentaire

Le projet développement rural qui comprend les volets agriculture, élevage, maraîchage, les structures visant la libération des mères de la garde de leurs enfants :

Le Burkina Faso a une agriculture essentiellement pluviale. Les changements climatiques accroissent la vulnérabilité des populations. La qualité de vie de 8 Burkinabè sur 10 déjà précaire risque de se dégrader davantage. Solidar Suisse se tient aux côtés des paysans pour les accompagner dans leurs efforts de résilience face aux effets du dérèglement climatique. La lutte pour un travail décent se mène à travers la mise en œuvre d’un programme axé sur trois volets majeurs.

Apprendre à entretenir la terre pour qu’elle nous nourrisse en retour

Dans certaines localités du Burkina Faso, les populations n’ont plus vraiment le choix face à l’adversité de la nature. Avant de pouvoir se nourrir de la terre, elles doivent d’abord nourrir la terre. Il faut récupérer les sols arides, en érigeant des cordons pierreux, en aménageant des poquets de zaï, en réalisant des fosses fumières, des demi-lunes, etc. L’adaptation aux effets des changements climatiques est pénible et coûteuse. Solidar Suisse, à travers ses partenaires locaux accompagne les paysans dans la formation aux techniques de conservation des eaux et des sols afin de leur permettre d’accroitre leurs rendements agricoles. Des équipements aratoires sont aussi offerts aux paysans. L’action de Solidar Suisse permet aux paysans de rester sur place, de récupérer les sols de produire plus et de gagner dignement leur vie.

Coupler l’élevage à l’agriculture pour améliorer les revenus

Solidar Suisse forme, par l’intermédiaire de ses partenaires locaux, les paysans aux bonnes techniques de reproduction et d’embouche. Plusieurs types d’élevage sont pratiqués tels que la reproduction ovine et porcine, l’embouche ovine et bovine, l’élevage amélioré de poules locales. L’accent est mis sur le choix des bonnes races, le suivi phytosanitaire et la connaissance des rations alimentaires nécessaire par types d’animaux. L’élevage, associé, à l’agriculture, contribue à accroitre les revenus des paysans. Dans l’éventualité d’une mauvaise saison agricole, les gains de l’élevage permettent de compenser le manque à gagner. En outre, la fumure organique tirée de l’élevage, contribue à accroître le rendement agricole. Les paysans formés sont équipés pour démarrer en toute quiétude leur activité.

Le maraichage, une autre voie pour les paysans

Solidar Suisse s’investit aussi à côté des producteurs maraichers pour les aider à améliorer leurs conditions de travail et leur rendement dans les parcelles. La formation est un préalable à l’équipement des producteurs en matériels de production : grillage, système d’irrigation à motopompe performant et leur dotation en semences adaptées et en intrants.…

À côté de ces trois volets et en droite ligne avec sa vision de travail décent aussi bien pour les hommes que pour les femmes, Solidar Suisse a développé une stratégie de libération des mère à travers les Ma Baas Yiir Zaka(Ma BYZ) qui signifient « espace de libération des femmes » en langue locale mooré.

Ce sont des structures adaptées de prise en charges de enfants des 0 à 6 ans en milieu rural, dans le but de libérer les mères de leur garde et de favoriser la pleine participation de celles-ci à des activités de production et de formation En effet Solidar Suisse est partie du constat que les femmes qui travaillent aux côtés des hommes dans les sites anti érosifs pour la mise en place des cordons pierreux dans les champs ainsi que dans les périmètres maraîchers, sont obligées d’emmener leurs enfants non encore scolarisés avec elles, avec tous les dangers que cela puisse comporter (noyade dans les puits, morsures de serpents ou de scorpions, ..). Ces structures sont situées à proximité des lieux de travail des mères.
Les bénéficiaires du projet développement rural suivent des cours d’alphabétisation en langues nationales qui leur permettent de participer à des formations techniques spécifiques liées au développement et partant, de gérer efficacement leurs activités. Le programme d’alphabétisation des adultes comprend l’alphabétisation fonctionnelle en langue nationale et l’apprentissage du français :
- L’alphabétisation fonctionnelle des adultes pour le développement
Cette méthode prépare l’apprenant à :
— savoir lire, écrire et compter en langues nationales (formation initiale) ;
—  acquérir des connaissances générales (formation complémentaire de base) ;
—  acquérir des connaissances techniques dans les domaines de l’agriculture, l’élevage, le maraichage, des petits crédits, de l’hygiène et de la santé, de la comptabilité simplifiée, de l’organisation et de la gestion des activités socio-économiques individuelles ou collectives.
- La méthode d’Apprentissage de la langue française par les jeunes et les adultes à partir des acquis de l’alphabétisation en langues nationales (ALFAA).
Cette méthode a démarré en 1991. Elle est conçue pour des hommes et des femmes de plus de 15 ans ayant déjà suivi les formations initiale et complémentaire de base et désireux d’apprendre et de maitriser le français fondamental. En 1500 heures réparties en trois niveaux, l’apprenant acquiert un niveau de 6ème année primaire. 

Le solaire au secours des maraichères

Fati Zongo est mère de 9 enfants et grand-mère de 15 petits-enfants. Elle vit à Noungou - dans la commune de Loumbila- localité située à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Ouagadougou, la capitale burkinabè. Avec les autres membres du groupement Nerwaya, elle jardine, vend les légumes et s’éloigne à petits pas de la pauvreté. Son secret ? Un système de pompage d’eau alimenté en énergie solaire financé par Solidar Suisse.

Loquace de nature, Fati Zongo fait pourtant preuve d’une certaine pudeur quand on aborde le sujet de l’argent. Pour lui faire dire ce qu’elle gagne dans la production maraichère, il faut user de patience et de stratégie. « J’ai obtenu 2 millions 640 F CFA de la vente de mes légumes il y a trois ans » finit-elle par chuchoter.
C’était en 2013. Une année bénie pour cette mère de famille nombreuse et ses 21 autres camarades du groupement Nerwaya. Cette année-là, le groupement obtient un appui de Solidar Suisse, par l’intermédiaire de l’association Manegdzanga, une structure à laquelle le groupement est affilié. Le groupement reçoit des plaques solaires pour alimenter le système de pompage et d’acheminement de l’eau du barrage aux parcelles de culture. Cette aubaine changera les conditions de travail et de vie des femmes.

Illustration de quelques résultats obtenus avec nos partenaires

— Plus de 5 200 productrices et producteurs formés aux nouvelles techniques agropastorales et équipés en matériels adéquats de production (charrettes, brouettes, pelles, pioches, pics axes, marteaux, râteaux…) ;
— 68 sites de périmètres maraîchers d’une superficie totale d’environ 120 ha aménagés pour 3 000 personnes environ ;
— 1 120 fosses fumières construites avec une capacité de production de 4,5 tonnes de fumure organique par fosse et par an ;
— Plus de 5 000 animaux de bonne race dotés pour pratiquer l’élevage (embouche ovine et bovine, reproduction ovine et porcine, élevage amélioré de poules) ;
— 6 Ma BYZ ouverts dans la région du Plateau Central ;
— 2478 centres d’alphabétisation pour adultes ouverts avec 57 170 personnes ;
— 61 centres AFI-D existent et utilisent la formation le mooré, le dioula, le fulfuldé, le dagara en complémentarité avec le français ;
— 1393 apprenants enregistrés dont 55,98% de filles, 16 opérateurs de la société civile mettent en œuvre l’AFI-D dans 10 régions du Burkina Faso ;
— 154 jeunes formés aux métiers ;
— 87 jeunes ayant obtenu leur Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) ont effectué un stage de perfectionnement de 03 mois ;
— 45 jeunes formés en entrepreneuriat dispose de leurs leur business plan, et sont en négociation avec des structures de micro finance pour financement ;
— 57 centres ouverts au Nord Bénin à la rentrée 2015-2016 dans le cadre du PAEFE