Démocratie et Participation

Pas de développement sans participation citoyenne ! C’est la conviction de Solidar Suisse. Pour mener à bien son action, l’organisation cible trois groupes d’acteurs : les conseillers municipaux, les organisations de la société civile et les populations à la base.

Faire des conseillères et conseillers municipaux et régionaux, et des Osc des acteurs véritables de développement

Des conseillères et conseillers compétents,moteur d’une gouvernance locale de qualité
En 2006, le Burkina Faso s’engage dans la communalisation intégrale. 351 communes, entités territoriales décentralisées, sont créées sur les limites géographiques du territoire national. Elles correspondent aux territoires des départements. La communalisation intégrale implique le transfert d’un ensemble de compétences de l’État vers la collectivité territoriale. Aussi, elle signifie la prise en main du développement local par les populations à la base qui, désormais, votent leurs conseillers pour gérer la collectivité. Cependant, de nombreux conseillers municipaux ne maîtrisent toujours pas leurs rôle et attributions. Solidar Suisse initie des formations à l’endroit des conseillers et conseillères municipaux des vingt communes de la région du Plateau central. L’ONG les dote de compétences sur le fonctionnement de la collectivité, les techniques démobilisation des ressources locales, la recherche de financements dans le cadre de la coopération décentralisée, la structure du budget communal, la nécessité de rendre compte aux populations de leur gestion, etc.

Des OSC qui interpellent les autorités et contrôlent l’action publique.

Solidar Suisse renforce les capacités des organisations de la société civile en matière de contrôle citoyen de l’action municipale, de participation à l’élaboration des plans de développement communaux, etc. Les organisations de la société civile jouent un rôle important dans l’interpellation et le contrôle citoyen de l’action publique. Elles participent à l’élaboration des plans communaux de développement et à leur mise en œuvre. Elles rappellent aussi leur devoir de redevabilité aux autorités communales. En effet, des OSC alertes sont un gage de contrôle citoyen efficace de l’action publique.

Populations bien informées, démocratie démystifiée

Des animateurs-relais pour améliorer la vie politique communautaire

Des citoyens bien informés et impliqués dans la vie politique communautaire sont des sentinelles de la démocratie locale. Solidar Suisse, en partenariat avec les OSC, déploie sur le terrain des animateurs-relais qui démultiplient les sensibilisations auprès des populations sur les réalités de la démocratie et de la participation : pourquoi voter, que faut-il attendre des gouvernants, comment les interpeller… Ces sujets et bien d’autres sont discutés avec les populations.Un contrôle de plus en plus vigilant des citoyens assure le renforcement de la démocratie.

Accompagner les communes à satisfaire leurs populations

De nombreuses collectivités au Burkina Faso n’ont pas toujours les moyens d’assurer un service public de base pour leurs populations. Solidar Suisse a appuyé les mairies les plus défavorisées en équipements matériels et fournitures de bureau ainsi que des kits solaires pour leur permettre de mieux fonctionner.
Solidar Suisse s’est engagée pour une participation plus élevée des populations aux processus électoraux et au développement local. Cette mission s’est poursuivie pendant la période de transition politique avec les Délégations Spéciales (DS) mises en place pour remplacer les conseils municipaux dissouts suite à l’insurrection populaire d’octobre 2014.

Quelques résultats obtenus avec nos partenaires

— Plus de 31 000 personnes sensibilisées sur des thématiques liées à la gouvernance locale et la participation citoyenne par les animateurs relais de 2013 à 2015 ;
— 7 communes défavorisées équipées en matériels et fournitures de bureaux et kits solaires pour améliorer l’offre de service public…. ;
— 71,7% de taux de satisfaction en moyenne des populations des communes du Plateau Central par rapport aux offres de services publics de base contre 62,9% avant 2015 ;399 ménages ont régularisé leur situation matrimoniale en conformité avec le code des personnes et de la famille suite aux sensibilisations reçues. ;


Alidou Compaoré : l’homme qui accompagne la collectivité à prendre son destin en main

A quarante ans, dont 17 passées dans l’animation, Alidou Compaoré est une carte vivante de la province de l’Oubritenga (Région du Plateau Central) qu’il a parcourue, de long en large, à plusieurs occasions. Depuis trois ans maintenant, ce natif de Nomgana, localité située à 18 km au nord-est de Ouagadougou, la capitale burkinabè,met son talent d’animateur communautaire au service de l’Association manegdbzanga (AM). Alidou Compaoré et quatre autres de ses collègues formés dans les thématiques de démocratie et participation par Solidar suisse interviennent directement dans les villages de cinq communes de la provincepour éveiller les consciences despopulations à la démocratie.

Nomgana, 17Février 2016, dans la salle de réunion de l’association. Après cinq bonnes minutes de conversation animée, Alidouraccroche son téléphone. « C’étaient les femmes de Gounghin, un village d’Absouya, souffle-t-il. Elles veulent que je vienne leur rafraichir la mémoire sur les critères qui doivent guider le choix de leurs futurs conseillers municipaux ». Cette demande des femmes de Gounghin n’est pas fortuite. Dans deux mois environ, les populations des 351 communes du Burkina Faso seront appelées aux urnes pour choisir leurs conseillers municipaux. Les femmes de Gounghin n’entendent pas jouer les seconds rôles. C’est pourquoi elles souhaitent approfondir la discussion qu’elles ont eue avec l’animateur-relais en prélude aux élections présidentielle et législatives passées. À l’occasion, le groupe avait discuté du processus électoral, du fair-play et de la gestion des crises en période pré et post-électorale, etc.
Tout comme les populations des villages d’Absouya, celles des villages rattachés aux communes de Dapelogo, Loumbila, Nagréongo, Ourgou-Manéga, Ziniaré et Zitenga ont tenu, à l’initiative de Solidar Suisse et de l’association Manegdbzanga, son partenaire local, des réunions de sensibilisation sur la démocratie et la participation.

Des rendez-vous de plus en plus appréciés

Après trois années d’activités sur le terrain, Alidou Compaoré ne doute point de l’intérêt des communautés rurales pour la bonne gouvernance. Il en veut pour preuve la mobilisation grandissante des villageois, séance après séance. « Au début, je ne pouvais pas réunir 10 femmes et 20 hommes. Mais actuellement, nous avons demandé et obtenu des mégaphones pour nous faire entendre par la foule. Nous réunissons souvent jusqu’à 70 personnes au cours de nos réunions. » En plus, les réunions font des émules au-delà des villages touchés. « Nous sommes sollicités par les villages voisins que nous visitons qui nous demandent de venir animer des causeries avec eux. »

Équiper les communes pour un service public de qualité

A l’occasion des animations, les villageois posent les problèmes qui freinent leur pleine participation. « Quand nous les incitons à s’inscrire sur les listes électorales, les populations nous posent parfois des difficultés tout à fait justes. Beaucoup disent ne pas posséder les documents administratifs nécessaires pour se faire enrôler, notamment un extrait d’acte de naissance ». En effet, pour certaines communes, obtenir un document d’état-civil n’est pas aisé. C’est le cas de la mairie de Ourgou-Manéga, qui n’avait pas d’ordinateurs ni de de source d’énergie pour faire fonctionner son service d’état civil. C’est pourquoi Solidar Suisse a doté, en 2014, la commune en équipement nécessaire pour que l’état-civil puisse fonctionner.

Formation et discours éprouvés, le secret pour intéresser

Alidou Compaoré reconnait volontiers que le secret de la réussite des séances de sensibilisation réside dans la qualité des formations et dans une organisation interne éprouvée. « Solidar Suisse nous donne des formations complètes. Avec les formateurs, nous dégageons le message essentiel à porter à nos interlocuteurs des villages. Ensuite, entre animateurs-relais, nous nous assurons d’utiliser les mêmes termes pour traduire les concepts comme démocratie, participation, etc. C’est ce qui fait que nous arrivons à maintenir intéressées et à faire changer progressivement les populations ».